qui le font entrer directement dans la section " classiques de la BD contemporaine ". Comme Jacques Martin (avec qui il réalisera trois albums de la série napoléonienne " Arno ") le fit en son temps avec "Alix", Juillard crée un nouveau pan de BD historique réaliste. Une véritable école s'en inspire, quelques talents, beaucoup d'ersatz. Lui, humble, continue son chemin. Passionné par le dessin, il n'a ni le temps, ni l'envie de polémiquer.
Comme tous les grands dessinateurs, il se sent des ailes pour, de temps à autre, écrire le récit qu'il mettra ensuite en images. D'autant que, parfois, il éprouve le besoin d'échapper à l'Histoire, sa maîtresse favorite. Pour (À SUIVRE), il publie l'intimiste "Cahier bleu" qui lui vaudra, en janvier 1995, le Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême. L'année suivante, il recevra le Grand Prix du même festival. En 1998, il récidive avec Après la pluie, un récit qui le mène en Toscane, un pays dont l'art, la douceur de vivre et les lumières sont si juillardiennes.
"Les Sept vies de l' Epervie"r se sont achevées après sept albums aux éditions Glénat. La belle Arianne de Troil manque autant à ses créateurs qu'au public. Nécessité fait loi : elle reviendra au sein de la série " Plume au vent " chez Dargaud. Si le premier cycle se déroule en France, la suite (4 volumes) met en scène une Amérique qui aurait pu Ítre française. Rescapée miraculeusement d'un terrible coup d'épée, Arianne entreprend, sans masque ni épervier, un long et périlleux voyage au Nouveau Monde, à la recherche du chevalier Condor, son père.
L'ombre de " Blake et Mortimer " se rapproche progressivement de Juillard. À la fin des années quatre-vingt, les éditions Blake et Mortimer le contactent pour réaliser le second tome des "Trois Formules du professeur Sato". Mais il ne se sent pas encore prêt à relever un tel défi. De plus, le style graphique adopté par Jacobs en fin de carrière ne lui correspond peu. En 1998, chez Dargaud, il crée, avec ./...>>>